Retour sur le Conseil municipal de Gagny du 11 avril 2016. 🗓

Le point principal de ce Conseil était le vote du budget primitif (voir article par ailleurs), mais d’autres sujets importants étaient également présentés :

  1. -Avec un dérapage du maire sur le rapport concernant « la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes intéressant le fonctionnement de la commune »,
  2. -Une incapacité du maire à exprimer en Conseil municipal la stratégie de la majorité pour lutter contre la délinquance dans notre ville lors de la présentation du rapport « Politique de la ville- Demande de subvention et de réservation et de réserve parlementaire pour l’installation de la 2ème tranche de la vidéo protection».
  3. -Une opacité totale en refusant absolument d’exprimer combien les travaux de rénovation de l’église coûtent à la ville lors de la restitution du Compte Administratif
  4. -Et enfin une impossibilité de répondre précisément à la question de savoir à combien sont évaluées les annulations des actes commandés par certains patients au centre municipal de santé.

 

1-Rapport concernant la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes intéressant le fonctionnement de la commune

Le contexte :
Lydia Hornn fait une intervention en prenant des exemples d’initiatives qui se déroulent dans d’autres communes et souligne le fait que le rapport ne se pose pas les bonnes questions pour comprendre pourquoi, parmi le personnel communal, les hommes gagnent plus que les femmes.

Et là, c’est le dérapage du maire : « C’est normal, les hommes rechignent moins à faire des heures supplémentaires que les femmes (…) qui doivent rentrer chez elles pour s’occuper des enfants, (…) alors que les hommes doivent participer aux grands événements de la commune comme par exemple la fête des vendanges… »

J’ai donc pris la parole pour dénoncer ces propos :

« Monsieur le Maire, madame Hornn est tout à fait légitime pour vous demander des précisions sur les actions que mène notre collectivité pour résoudre les inégalités de traitement entre les employées municipales femmes et les employés municipaux hommes.
Elle a pris l’exemple de ce qui se fait dans d’autres communes car oui monsieur le maire, il y a des collectivités plus volontaires que d’autres pour prendre ce sujet grave à bras-le-corps.
Et si le législateur a imposé la rédaction d’un tel rapport c’est pour amener une réflexion qui doit amener à ce que nous n’entendions plus le genre de bêtise que vous venez de dire.
Monsieur le maire, au 21 ème siècle, la garde d’enfant n’est pas réservée à la femme. Dans notre société, la femme n’a pas vocation à quitter le travail avant les hommes pour aller garder les enfants.
Cette vision : « les hommes s’occupent des grands événements de la ville, pendant que les femmes rentrent à la maison s’occuper des enfants et c’est pour cela que les hommes font plus d’heures supplémentaires » est totalement scandaleuse et choquante d’autant plus quand cela vient du maire. Je suis sidéré par vos propos et par le manque de réaction de la majorité municipale sur votre vision de la place de la femme dans notre société. »

S’en est suivi un cafouillage de 10 mn où le maire et les élu-e-s de la majorité ne savaient pas répondre aux questions posées.

 
2- Politique de la ville- Demande de subvention pour l’installation de la 2ème tranche de la vidéo protection.

Encore une fois, la délibération que l’on nous demande de voter est bâclée. Aucune réflexion sur la mise en place des caméras du lieu d’implantation et de comment traiter les données. A ma question précise de connaitre quelle était la politique de la majorité municipale pour faire baisser la délinquance, le maire n’a pas su répondre et a préféré se murer dans un silence assourdissant.

vidéo gagny

Voici ma déclaration :

« Merci Monsieur le maire, mes cher-e-s collègues.

Nous allons donc enfin, dans ce Conseil, parler de l’installation de vidéosurveillance à Gagny.

Je dis enfin, car à part une petite phrase écrite à chaque fois dans le Débat d’orientation budgétaire, nous n’en avons jamais entendu parler, et ce malgré mes demandes répétées, notamment lors du dernier DOB.

Je suis assez réservé sur le fait que l’installation de vidéosurveillance puisse être efficace pour lutter contre la délinquance.
On peut d’ailleurs observer que bien souvent la mise en place de tels dispositifs sert surtout à pouvoir écrire quelque chose dans le bilan municipal plutôt qu’à faire baisser la délinquance.

A la question :
«Quel est votre bilan sur la délinquance, Monsieur le Maire ?
-Bah j’ai installé des caméras de vidéosurveillance. .
– Ah bon ? Pourtant il y a toujours les dealers à la gare du Chenay, des voitures régulièrement vandalisées du côté de la rue du sport et rue des trois noyers, des gens qui fument des joints devant la gare du centre, sans parler du stationnement anarchique rue du Général Leclerc… Ça c’est du bilan ! Mais bon on a des caméras…. »

Et donc aujourd’hui, vous nous demandez de voter pour installer des caméras en plus,
et ainsi repartir sur un débat vieux de quelques années…
Car, monsieur le Maire, encore une fois, Gagny a quelques années de retard.

Les débats qui ont enflammés les Conseils municipaux sur l’opportunité d’installer la vidéo surveillance datent de 5/10 ans. De 2009 plus précisément.
Sarkozy président, sa politique de lutte contre la délinquance s’annonce déjà comme un échec en décidant de supprimer la police de proximité et de la remplacer par des caméras.

C’est ainsi 28 millions d’euros consacrés au développement des projets. La vidéosurveillance devient l’un des maillons essentiels de la politique de sécurité du gouvernement de l’époque :
« Nous n’avons pas les moyens de mettre des commissariats dans chaque ville, pour remplacer la présence humaine, installons des caméras ! »

Et donc pendant des années, les débats ont enflammé les Conseils municipaux, Partisans et opposants s’affrontant ainsi sur le terrain de l’efficacité de la vidéosurveillance.
S’ ensuit une bataille de rapport contre rapport, de contre rapport dénonçant des rapports…

Pourtant nombre d’entre eux s’accordent à dire que pour que cela ait un impact, il faut :
-une « forte densité » de caméras installées,
-une localisation bien pensée, pour que ces dispositifs permettent l’interpellation de délinquants sur la voie publique -et surtout du personnel qui soit derrière ces caméras…

Et là, monsieur le maire, on en revient à votre « note ».

Rien absolument rien sur un bilan de l’installation des 10 caméras en 2011.
Vous nous demandez de voter leur installation pour un coût de 100 000 euros et nous ne savons pas quel impact, quel bilan cette politique a dans notre ville !

Rien, absolument rien sur les raisons qui vous ont poussé à décider où installer ces 10 nouvelles caméras ! La note évoque un diagnostic sûreté établi par la direction de la sécurité du Département et par le Commissariat.
Nous exigeons d’avoir ce document.
Nous exigeons, ce soir, de savoir pourquoi avoir retenu ces 5 emplacements, sur quelles bases, pour quels motifs, alors même que vous parlez dans la note de 28 propositions d’emplacements.

La seule référence dans la note sur le lieu d’implantation est l’installation de la fibre optique…

Je regrette infiniment que le Conseil municipal n’ait pas été associé à ces choix. Mais cela devient une habitude, Monsieur le Maire. Pourquoi faire de la concertation, pourquoi faire de la démocratie ?

Alors monsieur le maire, quel est le bilan de la vidéo surveillance à Gagny depuis 2009 ?
Comment s’organisera le traitement des données ? Se fera-t-il en temps réel pour un maximum d’efficacité ?
La politique de la ville ne doit pas s’arrêter à la pause de caméras. Quelle est votre vision, votre stratégie de politique de la ville sur Gagny sur le long terme ?
Je vous remercie de répondre précisément à ces questions, car vous connaissez monsieur le maire, notre attachement à être une opposition constructive et nous ne pouvons pas voter une délibération coûteuse pour les gabiniennes et gabiniens qui serait inefficace. »
Encore un silence du maire, aucune réponse… On reste dans le paraître plutôt que dans l’efficacité…

 

3-Compte administratif de la ville

Pour rappel, le compte administratif (CA) retrace l’ensemble des mouvements, c’est-à-dire l’ensemble des recettes et des dépenses effectivement réalisées par la Ville sur une année. Il doit être présenté au Conseil municipal dans les six mois qui suivent la fin de l’exercice, donc au plus tard le 30 juin de l’année suivante

Le compte administratif est le bilan financier de l’ordonnateur. Il permet de contrôler la gestion de la commune, et de vérifier que les dépenses annoncées lors du budget primitif sont bien celles réalisées et là sur Gagny, on a quelques surprises…

J’ai donc apporté quelques remarques et demandé quelques éclaircissements.

Tout d’abord, j’ai relevé la différence flagrante entre les crédits ouverts et les mandats émis dans la section d’investissements (voir document officiel de mairie) ce qui signifie tout simplement l’échec de la mairie à réaliser les objectifs qu’elle s’était fixés en début d’année.
C’est-à-dire que le maire en début d’année affiche fièrement ses ambitions sur la ville en précisant ce qu’il veut faire et où il va investir et à la fin de l’année c’est la catastrophe, on apprend par ce Compte Administratif que la mairie est très loin de ses ambitions initiales.

 

section investissement gagny
J’ai ensuite posé deux questions sur des dépenses qui semblent impossible à trouver dans les documents fournis pour ce conseil.

Concernant le Plan Local d’Urbanisme, les financements mis en place prévoyaient une enquête publique pour le premier semestre 2015. Nous constatons un retard de 1 an. Tout retard entraîne des coûts (sous-traitante et personnel communal etc). Pouvez-vous nous indiquer le montant des dépassements actuels et prévisionnels ?
A quelle date prévoyez-vous l’enquête publique ?

Réponse de M. Grandin (Maire-adjoint aux finances) :
« On a arrêté le PLU en décembre dernier et on est parti sur une période de trois mois avec la consultation des personnes publiques associées.
Les retours sont pour la plupart favorables, les services de l’Etat nous ont remonté quelques réserves qu’il convient de lever, et on va examiner si l’enquête publique démarre de suite, ou si avant, on lève les réserves de façon à pouvoir reconsulter un peu plus rapidement les personnes publiques associées et nous orienter ensuite vers l’enquête publique de façon à ce que la procédure soit parfaitement respectée. Donc là on est en train de voir avec l’avocat et le bureau d’étude afin de lever les réserves.
Il y a un marché passé avec le bureau d’étude et il n’y aura pas de surcoût et s’il y a un peu de retard celui-ci n’induit pas de coût supplémentaire. »

Concernant les travaux de l’église, à combien s’élève les dépenses pour sa rénovation ainsi que les éventuels surcoûts car il semble qu’ils devaient se terminer en novembre ?

Et là, on assiste encore à un moment incroyable, le maire a tout simplement refusé de répondre à la question et a quitté la salle afin de passer au vote du compte administratif…
Cette opacité et non réponse sur une simple question laisse songeur…

 

4- Annulations des actes commandés par certains patients au centre municipal de santé.

Concernant le dernier point, on nous demande de voter une délibération en justifiant que les annulations de commandes sont préjudiciables au Centre municipal de santé. Aucun souci avec cette délibération. Mais pour connaître les tenants et aboutissants de ce que nous votons, je demande à combien est évalué ce préjudice.
Et là encore une fois, le maire ne peut tout simplement pas à me répondre. Personne ne sait.

Triste exemple d’une majorité municipale qui bâcle trop souvent son travail.

 

Aurélien BERTHOU, Conseiller municipal d’opposition.

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